MEDRANO, TOURNEE 2009: « LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU CIRQUE »

A l’ère de l’internet, des jeux vidéos et de la télévision haute définition, quelle place reste-t-il au cirque traditionnel dans le monde des loisirs à travers le monde ?  La question se pose en effet, et même moi qui suis pourtant très branché sur les nouvelles technologies et qui n’avais pas mis les pieds au cirque depuis de très nombreuses années, j’ai eu l’occasion de par mon boulot d’assister en Juin 2009 à une représentation du nouveau spectacle du cirque Medrano « Le festival international du cirque ». Me voilà donc entrant sous le grand chapiteau pour assister à une sélection des meilleurs numéros au monde comme le promet l’affiche du show. Et après plus de 2 heures de spectacle (dont un entracte de 15 minutes), je dois avouer que si ce qui est proposé sur la piste mériterait parfois quelques améliorations et affinages, l’ensemble permet de passer un moment de détente très agréable, et permet de renouer avec des sentiments d’enfance pas désagréables du tout. En fait, en tant qu’invité, je me suis retrouvé totalement en bord de piste, à cinquante centimètres des différents numéros, et autant vous dire que lors du passage des éléphants ou des tigres, on n’en mène pas large (surtout que lors du numéro de ces derniers, le seul à se dérouler dans une cage, l’un des tigres en s’installant sur son « pupitre » a fait se replier ce dernier sous son poids à deux reprises, entraînant avec lui les parois de la cage et menaçant de la faire s’effondrer: petites sueurs froides donc, qui permettent de prendre conscience du travail périlleux du dompteur dans la cage !). Au fil des numéros, place à du dressage animalier, des prouesses dans les airs au bout d’une corde, jongleur, trapézistes, clowns, et les deux stars du show 2009: les Shaolin kung Fu et les Diorios et leurs 4 motos tournant à plein régime dans une sphère d’acier (vu dans l’émission « Incroyables talents 2008 » sur M6). Pour ma part, j’ai toujours eu un peu de mal avec le concept d’animaux de cirque et donc de faire du spectacle avec des animaux que l’on fait obéir à coup de fouet (même si je reconnais la performance de dressage puisque si un éléphant ou un tigre veut se rebeller, un maigre fouet comme moyen de défense ne pèserait pas lourd !), ce qui me fait préférer les numéros réalisés par l’homme uniquement grâce à ses capacités de dépassement de soi. Voilà ce qui m’a fait être scotché par les numéros d’acrobaties aériennes, de jonglage, mais surtout, mon gros coup de cœur, par le show des trapézistes « Flying Sandro » réglé au millimètre. Bref, on en prend plein les yeux, et même si du fait de tout ce que l’on peut voir partout ces dernières années on ne se rend sans doute pas vraiment compte du travail colossal qu’ont demandés chacun des numéros, on ne peut qu’être soufflé par le haut niveau du spectacle proposé sur scène (surtout quand les artistes enchaînent jusqu’à 3 représentations par jour !). Alors oui j’ai trouvé la mise en scène peut-être un peu pauvre, le travail de la lumière et des musiques un peu bâclé, les micros du monsieur loyal pas très convaincants, les enchaînements entre chaque numéro pas très bien amenés (même si la vitesse de montage et démontage de chaque numéro est en soit un vrai show !), et les annonces commerciales (pour vendre de la mini restauration et du merchandising) un peu trop appuyées, mais vraiment rien de bien méchant, et c’est au final le plaisir de retomber un peu en enfance qui l’emporte. On décroche quelques heures de notre société du tout virtuel pour renouer avec de vraies performances humaines et sportives, et saluer le grand talent de tous ces artistes (multicartes d’ailleurs puisque étant tout à la fois artistes sur scène, techniciens d’installation des autres numéros et aussi monteurs et démonteurs du chapiteau: les 35 heures sont ici une belle utopie, remplacée par l’amour de son métier !). alors un coup de chapeau à toute l’équipe du cirque Médrano, et rendez-vous pour une prochaine fois avec un show tout aussi éblouissant j’espère, les petits défauts en moins !!  Et tout de suite, pour vous, quelques souvenirs de la séance à laquelle j’ai assisté, en cliquant sur l’étoile ci-dessous…

 

DENIS MARECHAL: « J’DIS FRANCHEMENT ! »

Comme beaucoup de monde, je connaissais de l’humoriste Denis Maréchal surtout son personnage de Geoffrey, et je craignais que son spectacle tourne un peu en rond sur la longueur. Et bien finalement il n’en est rien. « J’te dis franchement ! » est un agréable moment de détente et d’humour avec des personnages de loosers, de prétentieux et de gentils paumés qui attirent souvent la sympathie. L’humoriste joue sur des registres connus, use de formules éprouvées, mais avec tellement de naturel et de sincérité qu’il embarque le public avec lui. Même s’il y a quelques effets redondants et quelques longueurs, on passe incontestablement un bon moment de rire avec ce jeune artiste. Denis Maréchal est un humoriste prometteur, à condition qu’il veille à bien se renouveler pour ses prochains spectacles et qu’il garde la même fraîcheur.

 

ROLAND MAGDANE: « MAGDANE CRAQUE »

Grand adulescent dans l’âme ou nostalgique de mes souvenirs d’enfance, je garde en mémoire notamment quelques soirées familiales passées à reprendre par cœur quelques uns des sketchs de l’humoriste Roland Magdane (et notamment sa mythique tarte aux pruneaux). Alors, lorsqu’en Novembre 2006 je me retrouve pour mon boulot à réaliser l’interview de l’artiste à l’occasion de son nouveau one-man show, c’est un peu comme si je revenais 10 ans en arrière (euhhh qui a dit « 20 ans » ???, bon d’accord 20 ans en arrière !!!). Passons sur les 45 géniales minutes d’entretien qu’il m’a accordé pour passer à son spectacle à proprement parler, auquel j’ai ensuite été convié à assister. Ne nions pas que l’appréhension d’assister à un spectacle « vieillot » et à être déçu par rapport à mes souvenirs d’enfant étaient largement présents. Mais mes inquiétudes n’auront pas fait long feu une fois le spectacle débuté. Ici, pas de décor pharaonique: une table, une chaise et un verre d’eau. Pas d’entrée en fanfare mais une intro en toute simplicité et en toute humilité. Roland Magdane semble se nourrir des longs applaudissements qui l’accueillent, et laisse largement transparaître son émotion et son bonheur d’être là, d’avoir cette chance inouïe !  Puis durant près de 2h00, l’humoriste nous entraîne dans son monde à lui, fait de folie, de petites choses du quotidien, de personnages déjantés, mais surtout de beaucoup d’humour… et de tendresse !!!  Car oui, si j’ai été particulièrement séduit par ce spectacle, c’est parce que Roland Magdane sait admirablement marier le burlesque et l’émotion, nous faire rire et nous émouvoir la seconde suivante avec le même personnage… Un mélange auquel peu de comiques se risqueraient aujourd’hui. On sent véritablement que l’artiste s’est nourri de ses propres expériences de la vie (les bonnes comme les moins bonnes) pour créer ce spectacle et tenter, au passage, de nous faire passer quelques messages (comme celui de savoir écouter l’autre, et de ne pas voir la folie chez ceux qui nous sont différents). Roland Magdane sur scène c’est donc énormément de sincérité et de tendresse, mais aussi une énergie incroyable et une maîtrise parfaite des mécaniques du one-man show. J’ai donc passé un excellent moment grâce à ce spectacle touchant et drôle qui m’a permis de conforter la place de l’humoriste dans les meilleurs pans de ma mémoire… Et puis cerise sur le gâteau, pour tous les fans de Roland Magdane, vous trouverez ci-dessous, en cliquant sur l’étoile jaune, les deux jaquettes que l’artiste m’a dédicacé lorsque je suis ensuite allé le saluer sur scène, ainsi qu’une photo immortalisant ces instants. Un grand merci Monsieur Magdane, et surtout… ne changez pas !!!

 

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